La Justice et l\'Injustice


La Justice et l’injustice

Selon les contes ancestraux, la justice et l’injustice vivaient au bon début de la création en bon voisinage dans une caverne à la campagne où la gueuserie est depuis lors à son pinacle et s’accentue d’année en année en raison de la marginalisation inouïe manifestée à son égard et pratiquait par la méchanceté aveugle des gouvernements allochtones et autochtones qui s’y sont succédés .

Un jour d’été, l’injustice qui s’était lassée du traintrain de la vie quotidienne, proposa à son amie pour une fois par esprit de philanthropie de l’accompagner pour visiter le Mausolée d’un saint ( Agourrame ) de réputation bien famée dans une région lointaine . Elle lui dit : « nous allons partir ensemble pour un long voyage, prépare tes viatiques pour pallier aisément les besoins de ce séjour qui nous permettra irréfutablement de renvoyer le mauvais œil qui ne cesse de nous causer des malheurs énormes de toute nature et de nous faire patauger dans le bourbier des problèmes au même titre qu’un canard dans la boue » . Ainsi, la date convenue d’un commun accord , elles partirent … Le jour, elles marchaient, la nuit, elles s’arrêtaient et chacune d’elles mangeait de ses provisions . Cependant, l’injustice prenait toutes les précautions nécessaires pour faire des économies et quand la justice lui dit : « Mais pourquoi ne manges-tu pas ma chère amie » ?? L’injustice se contentait d’avancer brièvement qu’elle n’avait pas faim, qu’elle a perdu de vue l’appétit par l’harcèlement de la marche et que quelques glands secs et amères et une gorgée d’eau fraîche lui suffisent . Ainsi, se déroula tout le voyage . Au retour, la justice ayant consommée toutes ses provisions se trouva à court de sa nourriture . Le premier jour, elles s’assirent à l’ombre d’un vieux chêne et l’injustice se mit à manger goulûment des apis, du mont dore, de la viande coriace, du beurre rance et du pain cuit aux cendres ( Ahnannay ) . Elle n’invita point son amie . La justice qui a mésusé de ses provisions, ne put résister et reprocha avec justesse à l’injustice son injustice et sa conduite indigne . L’injustice rit de la naïveté de cette dernière en se moquant d’elle . Après une longue journée de marche, sous les rayons du soleil de l’Aoûtage, la faim, la soif et la fatigue tourmentèrent la justice .

A l’heure du dîner, la justice s’attendait à un geste noble de la part de son amie mais en vain : alors elle se mit à pleurnicher et à supplier à tue tête le cœur aride de l’injustice qui trouve la volupté et le vif plaisir de faire souffrir son amie . l’injustice, ayant constaté la faiblesse de la justice en profita et lui dit : « Si tu veux manger, il faut me payer car je ne peux pas te prendre en charge et je ne suis pas une maison de bienfaisance pour te nourrir bénévolement » . La justice répondit, « mais je n’ai pas de sous ni non plus d’articles à précieux à te donner en gage à titre de garantie pour payer plus tard car j’ai tout épuisé » . Je te prie de m’impartir un atermoiement et je payerai quand nous serons arrivées chez nous » ? L’injustice, de caractère abrupt, refusa en exigeant d’elle de payer au comptant. Devant cet agissement inhumain et exacerbe, la justice lui demanda le prix qu’il faudrait payer pour manger . L’injustice répondit ad rem : « Je te crève un œil contre le repas » !! . Un silence de mort et d’éperdument régna sous l’arbre témoin de cette scène inhumaine et il y eut au cœur de la justice qui versait de grosses gouttes de larmes d’innocence, une immense irritation, mais, après de mûres réflexions et une vision de foi, elle essuya les avaries et accepta tout en ayant la ferme conviction qu’il vaudrait mieux être au monde, une justice borgne que de ne point exister sur la terre . A la vitesse de la lumière, l’injustice exécuta sa sentence affadissante d’une fierté sans égal .

En continuant leur sentier, la justice souffrait et marchait péniblement, tandis que l’injustice qui est forte de victoire, excita la faim de sa rivale au monde qu’elle veut extirper et écarter à tout prix de son voisinage . Mais nonobstant son atrophie, son asthénie et son adynamie, la justice résista de son mieux et de toutes ses forces à la tentation pendant toute la journée . Cependant, la justice qui ne pouvait plus aller plus loin, céda à l’encontre de sa volonté et de sa dignité trépignée, son deuxième œil à l’injustice pour le crever férocement pour un peu de nourriture seulement . Et c’est ainsi que la justice est devenue aveugle … !!!

Ali OUIHMAN
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