Lu pour vous
Yane

Les travailleurs ont défilé et les droits ont filé ...


Le peuple travailleur, classe ouvrière en tête, a célébré aujourd’hui le 01-05-2008, dans tout le pays, le traditionnel 1er Mai .
Cette célébration, qui n’est pas ce que l’on appelle communément une fête, est l’occasion, chaque année, d’établir avec force que les salariés, employés, ouvriers, travailleurs manuels et intellectuels refusent le système inique d’exploitation, et expriment leur détermination à arracher davantage d’acquis et de droits, pour leur dignité et justice .
Assurément, ce Premier Mai fut singulier cette année, non par tout l’apparat usuel qui caractérise parfois la célébration, ou par les malheureuses manifestations de la division syndicale alors que la classe ouvrière est, elle, une et unique, mais par le climat ambiant et général qui prévaut actuellement sur le terrain social .
La classe ouvrière a défilé, manifesté, montré sa force et sa détermination, le tout avec un haut degré de conscience et de responsabilité.
Patriote, elle a, encore une fois, exprimé sa disponibilité à la mobilisation, aux efforts et sacrifices, afin de préserver l’unité nationale et l’intégrité territoriale du pays.
Démocrate, elle a réclamé l’approfondissement du processus de démocratisation, sa nécessaire poursuite et son extension .
Exploitée, elle a clamé son refus du mécanisme par lequel les patrons s’enrichissent sur son dos, la privant en outre de ses droits fondamentaux, usant et abusant de pratiques illégales et arbitraires afin de renforcer leur emprise et accroître leurs profits . C’est l’une des principales leçons de ce Premier Mai !!
Alors que la crise économique s’approfondit, que le chômage s’étend, que les lock-out et les fermetures d’entreprises se multiplient, tandis que les prix grimpent et que le pouvoir d’achat des foyers populaires régresse, les travailleurs se sentent isolés et ignorés par les pouvoirs publics .
Ce sentiment tire son origine de plusieurs éléments et considérations. La première, quasi générale sur l’ensemble du pays, se manifeste par l’impunité totale dont jouissent les patrons, les exploiteurs, ceux qui violent allègrement la législation du travail, refusent les garanties légales aux travailleurs, reviennent sur les acquis concédés , sanctionnent, mutent et licencient à tour de bras .
Que font donc ceux qui ont la charge de défendre les travailleurs, en se servant de tout l’arsenal juridique prévu à cet effet ? Rien ou presque rien !
Il est facile de constater, à ce sujet, leur passivité, leur manque de rigueur, leur laisser-faire et leur complicité qui se traduit par une aggravation des conditions d’existence et de travail des salariés .
La crise économique sévit et ce sont les salariés, les petits, les exploités qui en sont les premières, voire les seules victimes .
La seconde manifestation de cette marginalisation de la grande masse des travailleurs se traduit par l’absence de préoccupation officielle au niveau de la politique sociale suivie par les pouvoirs publics . Pour s’en convaincre, il suffit de prendre connaissance du programme d’action gouvernementale présenté au Parlement .
Nul besoin d’être grand politique pour remarquer, et déplorer donc, qu’il est vide, creux, inexistant sur le plan social .
Rien n’est prévu, annoncé, ou même suggéré par les pouvoirs publics sur les plans de la garantie de l’emploi et de la retraite au transfert à RCAR, la défense des travailleurs, l’augmentation générale des salaires, l’extension ou tout simplement la seule préservation des droits des salariés et des quelques avantages qu’ils peuvent encore avoir ça et là .
Au contraire, ce n’est qu’apologie du libéralisme débridé, du capitalisme sauvage, à l’état pur . Avec un tel programme, les travailleurs sont marginalisés, étouffés, ignorés et brimés, eux qui constituent pourtant le moteur de l’activité économique du pays .
Le Premier Mai a servi d’agents illustrateur et de révélateur à cette situation déplorable .
Face à la crise et à l’indifférence gouvernementale, la classe ouvrière a montré naivement qu’elle ne se résignera pas et qu’elle luttera avec constance et conséquence pour la résurrection de ses revendications, aspirations, droits et acquis sous la bannière des Centrales Syndicales qui commencencent d'ailleurs à perdre à l'instar des Partis politiques, leur crédibilité étant donné qu'elles sont dirigées par des nonagénaires qui s'accrochent aveuglément aux sièges, qui sont anachroniques et qui sont notoirement dépassés par les événements ...
Ali OUIHMAN
Secrétaire Général du SDE/FDT

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